Mardi 21 septembre 2010

Enfin ! Les conditions devraient être bonnes pour un vol, et tout le monde est disponible ; rendez-vous en fin d’après-midi au local pour le regard attentif vers la cime des arbres. Les feuilles sont calmes, bien calmes, presque trop, et le ballon d’hélium prend son temps pour s’éloigner, cap au sud. Mais il avance quand même, et c’est l’essentiel. Par contre, le thermomètre affiche 21° C sous abri, et d’après la courbe de charge du Conseil Général, si on a bien tout compris, on ne pourra pas monter à trois. Alors, on va partager le vol, je ferai le début, et Arnaud, la fin. Trente minutes, ce n’est pas très long, surtout quand on n’arrive pas à faire ses heure. Mais bon, on se reprend, il s’agit quand même de voler… Je n’ai pas mis les pieds aux commandes d’un brûleur depuis mi-juillet, ce n’est pas le moment de penser à autre chose.

Cette fois, il y a des photos, ma sœur est là qui fait le reportage… (Cliquez sur les photos pour les agrandir).

Essai du brûleur

Des spectateurs sont venus voir le novice à l’œuvre ; en montgolfière, on aime bien les spectateurs, ils peuvent servir. Le tout est de leur faire mettre la main à la pâte en toute sécurité. No comment sur les deux minutes que je passe à essayer de démarrer le ventilateur alors que l’interrupteur est sur off !

Ventilateur

Et au moins, quand les spectateurs sont occupés à tenir la bouche ouverte, ils ne voient qu’en ombre chinoise ce qui se passe à la couronne…

Corde de couronne

Une fois que la soupape est en place, poulie vérifiée, velcros bien attachés, on peut revenir à la nacelle pour préparer les instruments. On profite du retour vers le bas du ballon pour tirer l’enveloppe afin qu’il se gonfle plus mieux…

Tirer l'enveloppe

Outre l’alti / vario, il faut penser à emporter un certain nombre de choses, toutes simples, mais dont l’absence en vol peut être ennuyeuse. Contenu du sac du pilote, muni d’un mousqueton pour l’accrocher à une poignée dans la nacelle : eau, barres de céréales, carte du coin, radio aéronautique, petite radio pour parler à la récupération, GPS, au moins deux moyens d’allumer le brûleur en cas d’extinction des veilleuses et de panne du piezzo, pince si un robinet de gaz se coince, couverte anti-feu…

Fixer l'alti / vario

Fixer l'alti / vario

Fixer l'alti / vario

Commencer à chauffer

Top départ

Décollage !

La récup au boulot...

Exercice d'approche

Après le premier petit bois, on survole un étang, à une vingtaine de mètres de hauteur. Le soucis, avec les étendues d’eau, c’est qu’il est difficile de juger la distance qui nous en sépare. L’aspect de la surface est tel que définir si l’on est à 5 m ou à 30 m est hasardeux. On peut jeter un petit quelque chose par dessus bord, et regarder en combien de temps ça atteint l’eau : petit caillou (mais il y en a rarement dans la nacelle), salive… L’autre solution étant bien sûr de comparer l’altitude inscrite sur la carte et celle indiquée par l’altimètre, mais c’est plus long que cracher discrètement sous la nacelle…

Le vol se déroule bien ; une fois l’étang passé, on remonte pour être à l’aise au-dessus du bois. Je maintiens le palier pas trop mal. Janine me dit alors de monter à 600 m ; chose curieuse, je continue à chauffer comme pour le palier, et donc ne monte pas. Je vois bien qu’on ne prend pas d’altitude, mais ne réagis pas en conséquence. J’ignore pourquoi. Exit les 600 m, on continue, on discute… Et au milieu d’un échange intéressant, Janine me fait remarquer l’alti / vario : -3 m / s, c’est-à-dire une belle descente. Je me suis laissé embarquer, et suis obligé de corriger mon erreur au double brûleur pour ne pas aller frotter nos amis arbres. Belle leçon. Surtout que cela se passe à la lisière du bois, et qu’on sent les effets descendants d’une dégueulante (quand une bulle d’air chaud monte, par exemple au-dessus d’un bois, elle est entourée d’un courant d’air qui descend et qu’on appelle poétiquement une dégueulante.)

Pas d’inquiétude cependant, il n’y a rien de catastrophique. À une hauteur moindre que celle à laquelle nous étions, la discussion coupable n’aurait pas eu lieu, concentrés que nous aurions été sur la proximité du sol.

Nous survolons Fontenelle assez bas, passons la voie ferrée quelques mètres au-dessus des lignes et nous posons en douceur juste derrière, dans un champ de blé moissonné. La récup arrive rapidement ; je descend du ballon suffisamment refroidi, Arnaud monte, et les voilà repartis, direction Meroux, où les attend l’accueil un poil brutal d’un agriculteur connu pour sa mansuétude à l’égard de ce qui se pose sur sa terre. Mais c’est une autre histoire…

Fini...

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