Archive pour le mot-clef ‘orage’

Mercredi 14 juillet 2010

Jeudi 15 juillet 2010

Ô grenouille…

Comme je ne savais pas quoi faire ce matin à 4h16, j’ai regardé la météo.

J’en ai à peu près conclu que le vent serait sud ou éventuellement variable au sol, assez faible, et plus établi sud en altitude. Pas ou peu de nuages, 20° C au sol. Après mon café, j’avais bon espoir de voler…

Vingt minutes plus tard, tout le monde se retrouve au local du club, à Foussemagne ; notre petite équipe, Geneviève, Luc, Arnaud, et deux autres pilotes, ainsi que leurs vaillants passagers qui ont bravé l’heure matinale pour un baptême de l’air. Un petite inquiétude pointe : sur la route, un des pilotes a vu des éclairs à l’horizon. Orages et montgolfières s’entendent moyennement, les vents qu’engendrent les premiers sont plutôt craints des secondes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas aller lancer notre ballon d’hélium.

Dehors, dans le calme de l’aube, des grondements lointains nous parviennent, un peu décourageants ; le ballon part assez vite au SE, ce qui est légèrement contradictoire avec la météo que je viens de lire (il est vrai qu’elle est donnée pour 7h, et non 5h). Assez subitement, une bourrasque nettement plus forte arrive en sens inverse, du sud ; on s’attend à voir revenir le ballon en quatrième vitesse ! Pendant les quelques temps qu’elle dure, tout le monde pense que le vol tombe à l’eau ; les passagers sont avertis qu’il y a de fortes chances qu’ils se soient levés pour rien, Arnaud suggère que je porte la poisse…

Puis le vent retombe, aussi vite qu’il est venu ; les grondements se font plus discrets. Allez, on sera mieux sur le terrain de décollage pour attendre de voir comment évoluent les choses. Direction l’Aéroparc de Fontaine, juste derrière notre local.

On va faire comme si…

Les trois équipages se garent, espacés chacun d’environ 50 m. Les autres ne sortent pas les nacelles, mais nous, comme dit Luc, nous sommes en leçon, et même si ça ne vole pas, ça fait toujours un exercice. Il n’a pas tort, c’est toujours bon de tâter de l’osier, mais là, j’aimerais quand même bien voler…

Donc on descend le panier, Arnaud entre dedans pour installer le brûleur, essais, ça marche, on tire la peau, on l’étale en tirant sur la sangle qui part du câble du milieu en bas, de chaque côté, on lance le ventilo, on abandonne Geneviève se faire les bras à la bouche, on va à la soupape, on accroche la corde de couronne, sans commentaire, on accroche les velcros en vérifiant bien qu’ils correspondent aux bonnes sangles, n’est-ce pas ?, et voilà le ballon qui gonfle, qui gonfle mollement parce qu’un ventilateur de 5 cv pour un 3 000 m³, c’est un peu juste. L’herbe encore humide colle la peau et l’empêche de bien s’arrondir ; Luc dit que normalement, on commence à chauffer quand la soupape s’élève à 1,50 m du sol, mais que, là, à cause de la lourdeur du terrain et de la faiblesse relative de notre tondeuse à gazon, on va se contenter d’un petit mètre.

Dans le grand bain

Sylvain fait comme il a déjà vu faire pas mal de fois, sauf que là, c’est lui qui fait. Et ça commence bien, les veilleuses ne veulent pas s’allumer malgré mes appuis répétés sur les piezzos. Luc : « mets le brûleur à la verticale pour allumer les veilleuses ». Les détails, toujours les détails. Bon, le brûleur est en marche, je suis au commande d’un engin potentiellement capable de griller une enveloppe de 20 000 €, ou au moins une bouche en Nomex, moins chère, mais qui mérite quand même mieux.

En gros, ce n’est pas compliqué, on vise le centre de la bouche de 1,50 m de diamètre avec la flamme bleue de 6 m de long, et de 40 cm de diamètre. Dès le deuxième coup, le ballon réagit, ses flancs ondulent, et on le sent tirer sur la corde de couronne que Geneviève retient (toujours dans les bons coups, celle-ci). Comme il n’était pas assez gonflé avant qu’on commence à le chauffer, la bouche se rétracte sur elle-même de temps en temps ; le jeu consiste à ne pas chauffer dans ces moments-là — il faut simplement compter avec le temps que la flamme met pour s’éteindre.

Quand la nacelle est inclinée d’environ 45°, il est temps d’y entrer les jambes (avant ça, on se positionne accroupi sur le sol, entre les montants du brûleur). Il faut alors chauffer de manière régulière pour bien arrondir le ballon. Les passagers montent, en l’occurrence Luc, passager de marque, et Arnaud. Luc fixe l’alti-vartio, en m’expliquant qu’on ne s’en servira pas, l’objectif d’aujourd’hui étant de sentir la montgolfière, sentir quand elle monte ou non, avec les yeux, et accessoirement l’oreille interne.

Pour l’instant, je continue à donner des coups de brûleurs réguliers pour  faire monter la température, jusqu’à ce que le ballon soit en pesée, c’est-à-dire que la force aérostatique soit juste égale au poids du ballon. À ce moment-là, on sent la nacelle se lever d’un côté si on va de l’autre ; on est prêt à décoller.

à suivre…

La trace GPS — amusante — en attendant :

Comme dans Google Earth : en maintenant la touche shift enfoncée, le déplacement à la souris se fait en 3D…